Choose your language: EN | FR

BIOGRAPHIE


Pierre Houles est né le 27 octobre 1945 à Béziers (France) : Il arrive à Paris en 1958.

En 1962, il fait un stage photo au Studio Guégan où il devient assistant jusqu'en avril 1964. Il effectue alors ses 16 mois de Service Militaire à l'Etablissement Cinématographique des Armées, dans le service photo, compte tenu de sa formation dans ce domaine. Il y rencontre Claude Guillaumin qui à l'époque souhaitait devenir architecte. Au contact de Pierre, Guillaumin découvre la photo, en particulier la mode et ses mannequins.

Après leur Service et quelques mois en tant qu'assistants photo, ils partent ensemble pour New York à la rencontre des plus grands photographes. Nous sommes fin 1966, début 1967. Peu de « frenchies » à New-York avant l'arrivée des photographes Patrick Demarchelier, Mike Reinhardt, André Carrara, Gilles Bensimon, Alex Chatelain, des amis Philippe Van Montagu, Duc, Jacques Davis, Olivier Bensimon Albert Velli, Jean Jacques Naudet.... et Jean-Paul Goude en 1970 au poste d’Art Editor du magazine Esquire.

Isi Véleris, déjà installé dans son propre studio, était le centre de la « french mafia ». Lors de ses séjours à New-York, Guy Bourdin travaillait dans le loft d’Isi.

Malgré une paye d'assistant de 50 $ par semaine pour Pierre et Claude, la vie était belle :
- Concerts en été à Central Park et à Woodstock
- Premiers pas sur la lune en 1969 en direct sur écran géant
- Soirées à Max's Kansas City, au Small Paradise à Harlem, à l’Electric Circus, au Club 54 et à La Dancétéria
- Matches de boxe au Madison Square Garden
- Rencontre avec les artistes de l'époque, John Chamberlain artiste plasticien, Alain Jacquet, Richard Serra, Arman, Venet Bernar, Christo, Basquiat, Keith Haring, Andy Warhol, Ultra Violet ……et Jim Morrison.

Déménagement au Carnegie Hall, où il se lie d’amitié avec Antonio Lopez illustrateur de mode, et découvre le milieu Porto Ricain, ainsi que le monde de la boxe, Il rencontre également, dans la grande famille du Carnegie, Bill Cunningham, photographe de la vie new yorkaise, Art Kane photographe, le studio photo dirigé par Edita Sherman et les mannequins Cathee Dahmen, Viviane Fauny, Valérie Vidal, Christie Brinkley, et tant d'autres. Puis Josie Borain qu'il épouse incognito en 1984 et qui lui rend hommage dans son livre "Josie you & me" paru en 2003.

Dans les années 70 Pierre fait des photos pour Esquire à l'époque où Jean-Paul Goude travaillait pour ce magazine. Pierre travaille également pour Oui, Vogue italien, et à Paris pour Elle et Madame Figaro.

De 1980 à 1986, sa vie sera partagée entre Paris et New York.

Le 4 août 1986, par une journée caniculaire, au cours de son jogging quotidien en préparation du marathon de New-York, il est retrouvé mort à la suite d’un accident vasculaire, dans le bois de Boulogne à Paris.

Il est enterré à Béziers en présence de sa famille, et de ses nombreux amis new-yorkais et parisiens. Malgré une carrière très courte il nous laisse de très belles photos et de beaux souvenirs


____________________________________________________

Pierre Houlès
par Melissa Unger
12 JUIN 2014 - ÉTATS-UNIS , ECRIT PAR MELISSA UNGER

Mon oncle Pierre était un homme rempli d’humour et d’espièglerie, une sorte de version impossiblement drôle et séduisante du Puck de Shakespeare (esprit malicieux du Songe d’une nuit d’été, NdT). L’âme sauvage, rayonnante, folle, magique de Pierre, et sa beauté dévastatrice, furent une source d’inspiration pour tous ceux qui le connaissaient et changèrent la vie de ceux qui l’aimaient.

Plus jeune, enfant, du côté maternel de ma famille, il fut le petit frère, le rebelle espiègle, celui qui pouvait se permettre toutes les choses qui nous effrayaient trop pour oser faire, l’inspirateur ; il nous charmait et nous donnait à chacun toutes les raisons de l’aimer un tout petit plus que nous n’aimions les autres.

La plupart des gens, quand ils visualisent une famille, lui donnent la forme d’un arbre. Les branches étendues majestueusement vers l’extérieur, les racines fermement enfoncées dans le sol. Mais en réalité, une famille est une structure fragile, plus proche d’un château de cartes. Imbriquée et procédant d’un équilibre délicat, elle peut s’effondrer si une seule carte est ôtée. Parfois, si les cartes les plus à l’extérieur disparaissent, la structure reste intacte, mais celles situées au cœur de la structure sont vitales pour sa survie. Dans notre famille, Pierre était l’une de ces cartes du centre. Quand il mourut soudainement à l’âge de 40 ans en 1986, alors qu’il était sorti faire son jogging quotidien dans Paris, notre famille s’effondra avec lui.

Pierre était un photographe qui travaillait essentiellement dans l’industrie de la mode. Il fit partie de la vague de créateurs français qui inonda New York au début des années 70. Ils arrivèrent armés de leur accent typique et d’un charme qui mit la ville à leurs pieds. Les meilleurs amis de Pierre finirent par devenir certaines des figures créatives les plus connues et emblématiques de leur génération : Patrick Demarchelier, Jean-Paul Goude, Gilles Bensimon, Josie Borain, Bill Cunningham, Christie Brinkley, Janice Dickinson… La liste est sans fin. S’il n’était pas mort brutalement, il aurait certainement sa place parmi ces légendes.

PierreHoules-copyrightPhPouzol

A bas les masques

Pierre_Houles